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Plus qu’une statistique

  • Photo du rédacteur: Kristy Colby-Pyle
    Kristy Colby-Pyle
  • il y a 3 heures
  • 4 min de lecture

La réalité du décrochage scolaire en milieu rural au Québec



Au Québec, les conversations sur la prévention du décrochage scolaire au secondaire sont souvent abordées à travers des statistiques, des débats politiques et des prévisions économiques. Pourtant, dans des communautés comme Stanstead, la réalité est beaucoup plus immédiate et profondément humaine. Derrière chaque point de pourcentage se trouve un jeune qui fait face à des défis rarement visibles sur un bulletin scolaire : l’anxiété, la pauvreté, l’instabilité familiale, l’isolement ou simplement la conviction que la réussite appartient à quelqu’un d’autre.


Partout dans la province, le Québec a réalisé des progrès mesurables dans l’amélioration des taux de diplomation au cours des deux dernières décennies. Néanmoins, les défis demeurent importants. Les données gouvernementales plaçaient le taux de décrochage au secondaire dans les écoles publiques à 14,9 % en 2019-2020, les garçons quittant l’école à des taux nettement plus élevés que les filles. Pendant la pandémie, ces chiffres ont de nouveau augmenté, atteignant 16,3 % en 2021-2022.


Dans de nombreuses régions rurales, la réalité est encore plus préoccupante, certaines projections suggérant que près d’un jeune sur trois pourrait quitter l’école avant d’obtenir son diplôme.


Conséquences à long terme


Ces chiffres ont des conséquences qui dépassent largement la salle de classe.

Les recherches à travers le Canada établissent de façon constante un lien entre le décrochage scolaire précoce et des taux de chômage plus élevés, des revenus de vie plus faibles, des problèmes de santé physique et mentale plus importants, ainsi qu’une dépendance accrue aux systèmes de soutien public. Les communautés absorbent également les coûts à long terme sous forme de baisse de la productivité économique, de pression accrue sur les systèmes de santé et d’aggravation des inégalités sociales. Dans de grands centres urbains comme Montréal, le décrochage scolaire est associé à des centaines de millions de dollars en pertes de productivité chaque année.


Dans les communautés rurales comme la nôtre, l’impact peut sembler encore plus concentré. Des obstacles tels que les défis liés au transport, l’accès limité à des services spécialisés, les difficultés financières et l’isolement social peuvent tous contribuer au désengagement scolaire. De nombreux élèves en difficulté ne manquent ni de capacité ni d’ambition. Plus souvent, ils font face à des circonstances qui rendent la réussite beaucoup plus difficile à atteindre sans un soutien significatif. Les récentes compressions dans les systèmes d’éducation à l’échelle de la province ont seulement accentué les inquiétudes selon lesquelles les élèves les plus vulnérables pourraient prendre encore plus de retard.


Phelps souhaite aider


C’est cette réalité qui a mené à la fondation de Phelps Aide en 2012.



Ce qui a commencé comme une petite initiative de tutorat est depuis devenu un organisme à but non lucratif bilingue offrant des services gratuits de soutien scolaire et d’accompagnement professionnel aux jeunes et aux jeunes adultes de la région de Stanstead. Aujourd’hui, notre organisme propose du tutorat, du mentorat, du soutien lors des transitions scolaires, des programmes d’employabilité ainsi qu’un accompagnement individualisé conçu pour aider les personnes à rester engagées dans leur parcours scolaire et à maintenir leur accès aux possibilités d’avenir.


Les personnes travaillant directement auprès des jeunes affirment qu’une leçon est devenue claire : la prévention du décrochage scolaire ne se limite que rarement aux seuls aspects scolaires.

Les élèves sont beaucoup plus susceptibles de réussir lorsqu’ils se sentent soutenus, valorisés et en lien avec leur communauté. Pour certains, le point tournant peut être l’accès au tutorat. Pour d’autres, il s’agit de mentorat, de stabilité, d’encouragement, ou simplement de la présence d’un adulte qui croit constamment en leur potentiel. Lorsque les jeunes traversent des difficultés liées à la santé mentale, au stress financier, à des défis familiaux ou à des échecs scolaires, ces relations peuvent faire la différence entre le décrochage et la persévérance.


Le besoin de ce soutien demeure pressant dans la région de Stanstead, où le niveau de scolarisation et les taux de pauvreté continuent d’être inférieurs aux moyennes provinciales. Sans intervention, ces réalités risquent de perpétuer des cycles qui se transmettent d’une génération à l’autre.


Histoires de réussite


Il existe aussi des histoires de transformation.

Au fil des années, aux côtés des éducateurs et de nos partenaires dans les organisations locales, nous avons vu des élèves rebâtir leur confiance, retourner à l’école, obtenir leur diplôme, poursuivre des carrières significatives et envisager des avenirs qu’ils croyaient autrefois hors de leur portée. Ces réussites n’apparaissent pas toujours dans les rapports provinciaux, mais elles sont profondément ressenties au sein des familles et des communautés.


En fin de compte, la prévention du décrochage scolaire n’est pas uniquement une question d’éducation — c’est une question sociale, économique et communautaire. En milieu rural au Québec, garantir aux jeunes un accès équitable au soutien demeure l’un des investissements les plus importants qu’une communauté puisse faire. Chaque élève qui obtient son diplôme gagne un meilleur accès à la stabilité, aux opportunités et au bien-être à long terme, tandis que les familles et les communautés bénéficient d’un avenir plus solide, plus résilient et plus porteur d’espoir.


Cela se reflète dans notre travail chez Phelps.

Nous croyons que chaque jeune mérite la possibilité de réussir, peu importe ses circonstances ou son code postal.


Sensibiliser aux réalités du décrochage scolaire en milieu rural au Québec est essentiel, car un changement durable commence lorsque les communautés reconnaissent non seulement les défis auxquels les jeunes font face, mais aussi leur immense potentiel.



 
 
 

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